Adéu a Nihil Obstat | Hola a The Catalan Analyst

Després de 13 anys d'escriure en aquest bloc pràcticament sense interrumpció, avui el dono per clausurat. Això no vol dir que m'hagi jubilat de la xarxa, sinó que he passat el relleu a un altra bloc que segueix la mateixa línia del Nihil Obstat. Es tracta del bloc The Catalan Analyst i del compte de Twitter del mateix nom: @CatalanAnalyst Us recomano que els seguiu.

Moltes gràcies a tots per haver-me seguit amb tanta fidelitat durant tots aquests anys.

dilluns, 29 de gener de 2007

Glucksmann votarà Sarkozy

El filòsof francès André Glucksmann publica avui un article a “Le Monde” titulat « Perquè he escollit Nicolas Sarkozy ». Glucksmann creu que Sarkozy és la millor opció, tot i no estar d’acord amb totes les seves propostes, perquè representa una possibilitat real de canvi front a l’immobilisme conservador, tant de la dreta com de l’esquerra francesa. És a dir, una opció que s’escapa a les dues cares de l’eterna moneda estatista i estatitzada que representen el socialisme miterrandista i el neogaullisme chiraquià.

La gauche officielle se croit moralement infaillible et mentalement intouchable. Le Mouvement et la République, c'est elle. Voilà qui était relativement exact jusqu'en 1945. La gauche avait osé les remises en question et mené les combats d'où naquit notre démocratie laïque et sociale. Mais depuis 1945, Vichy ayant enterré la bien-pensance de droite, la gauche professionnelle s'est endormie sur ses lauriers. Elle méprisa les discussions allemandes (autour de Bad Godesberg) ou anglaises (à propos du New Labour), elle ignora l'explosion spirituelle de la dissidence à l'Est, elle se fiche des "révolutions de velours" de Prague à Kiev et Tbilissi.
Marinant dans son narcissisme, elle se trouve fort dépourvue, lorsque Nicolas Sarkozy, prenant à contre-pied son camp, se réclame des révoltés et des opprimés, du jeune résistant communiste Guy Môquet, des femmes musulmanes martyrisées, de Simone Veil abolissant la souffrance des avortements clandestins, de Frère Christian à Tibéhirine comme des républicains espagnols. Au lieu de crier à la captation d'héritage, permettez que je me réjouisse. En retrouvant dans le discours du candidat Hugo, Jaurès, Mandel, Chaban, Camus, je me sens un peu chez moi.
(...)
J'ai un temps rêvé d'une candidature de Bernard Kouchner, restituant à la gauche française une dimension internationale perdue. Veto d'un PS effrayé par l'audace de l'électron libre. J'aurais aimé un ticket Sarkozy-Kouchner. En prenant position pour le premier, je vais perdre des amis. Ma décision, faite de douleurs anciennes et de perspectives nouvelles, est réfléchie. Je ne partage pas toutes les options du candidat UMP. Exemple : les "sans-papiers", je souhaite une régularisation plus ample, fondée sur des critères d'humanité mieux respectés. Voter n'est pas entrer en religion, c'est opter pour le projet le plus proche de ses convictions.
L'humanisme du XXIe siècle s'abstient d'imposer une idée parfaite de l'homme. Garde-fou contre l'inhumain, en nous et autour de nous, il ne peut se satisfaire de déplorer les victimes et de recenser morts ou laissés-pour-compte. Récusant l'indifférence coupable et la manie doctrinaire, l'humaniste s'obstine - lutte sans cesse recommencée - à "faire barrage à la folie des hommes en refusant de se laisser emporter par elle" (discours du 14 janvier). Le "murmure des âmes innocentes" que Sarkozy entendit à Yad Vashem lui dicte cette définition de la politique. Depuis toujours, c'est ce murmure qui porte ma philosophie.