Adéu a Nihil Obstat | Hola a The Catalan Analyst

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dijous, 5 de febrer de 2009

La democràcia es consolida a l'Iraq, gràcies a Bush

Ivan Rioufol:
Les médias ne se bousculent pas pour commenter le dernier épisode irakien. Et pour cause: il contredit toutes les critiques qui ont pu être faites sur la politique de George W. Bush visant à démocratiser le pays. Les faits sont pourtant intéressants à relever: ce week-end, le processus électoral a parfaitement fonctionné. A l'occasion d'une simple consultation locale, quelque 7,5 millions d'électeurs (soit 51% de taux de participation) ont voté, dans la sécurité et hors la présence des troupes américaines, dans 14 des 18 provinces du pays, pour renouveler leurs Conseils provinciaux. En 2005, la participation avait été de 55%. Les résultats ne sont pas encore officiellement connus, mais ils annonceraient la victoire de la liste non confessionnelle patronnée par le Premier ministre, Nouri al-Maliki. Le Monde de mardi soulignait aussi "l'excellente performance des listes carrément laïques, libérales, voire socialistes, arrivées au second rang dans nombre de provinces".

A ceux qui ne cessent de répéter, depuis l'intervention militaire en 2003, que la démocratie ne se décrète pas et ne s'impose pas par la force, la réponse que donnent les Irakiens vaut démenti. D'autant que l'unanimisme médiatique, très inspiré quand il s'agissait de décrire le "chaos" et le "bourbier", ne cessait de prédire aussi la montée en puissance des partis religieux et intégristes. Or, après la défaite d'al-Qaida, c'est très exactement un processus inverse qui est en train de s'imposer, grâce à l'habilité de Maliki.


Més sobre la democràcia iraquiana.
Notre génération a pu contempler l’agonie de l’idéal onusien. Cette institution, matérialisant une idée généreuse du philosophe Emmanuel Kant, n’a évité ni deux guerres mondiales ni aucune de celles qui ont suivi. En contrepoint, le néo-conservatisme imprégnant la “doctrine Bush” a mis fin, concernant le Moyen-Orient, à la doctrine Eisenhower qui prônait la tolérance envers les despotes et la protection de la “station service du monde”. Rompant avec le réalisme de Kissinger et l’utopisme de la gauche, elle lui a substitué une vision de la puissance américaine au service des droits de l’homme, du marché et de l’universalisme démocratique. C’est ainsi qu’a surgi le vaisseau amiral de la coalition, seule alternative au mastodonte paralytique.

Avant le déclenchement des opérations, Ronald Rumsfeld avait prédit que la pacification du pays prendrait de deux à cinq ans. De nombreuses erreurs stratégiques dont, principalement, la débaathification de l’armée, ont rendu la situation apocalyptique avant que George Bush ne propose à un “intellectuel-soldat” d’appliquer ses théories anti-insurrectionnelles sur le terrain irakien: on doit au génie stratégique du général David Pétraeus d’avoir mis fin à la guerre civile, réconcilié les factions ennemies, phagocyté les opposants et réduit de 80% les attentats commandités par Téhéran. Résultats impressionnants qui, quoique fragiles et réversibles, permettent à l’optimisme de recouvrer droit de cité sur les rives de l’Euphrate. Les fameuses chaussures journalistiques envoyés à la tête de W lors d’une conférence de presse à Bagdad témoignent à elles seules du caractère tangible de la démocratie et de ce qui l’accompagne: le droit à la critique et à l’irrévérence. Mesurons le chemin parcouru: il y a six ans, tout opposant était annihilé, ce qui excluait l’existence même d’un “entarteur” irakien.

Pour les 28 millions d’Irakiens, pour les 31 millions d’Afghans mais aussi, à plus long terme, pour des centaines de millions de personnes vivant au Moyen-Orient, ce qui s’ébauche ici, c’est une révolution civilisationnelle d’envergure inouïe, révolution dont on n’a pas pris (ou dont on ne veut pas prendre) encore la mesure. A supposer - comme on peut raisonnablement l’espérer - que le processus se poursuive et s’amplifie (avec des ratés et des retours en arrière), on le devra à la détermination d’un homme: W.

Il était écrit que George Bush demeurerait incompris par ses contemporains. Il a commis des erreurs. Des petites comme des grandes. En dépit de ces dernières, ce fut un grand président, sans doute l’un des plus grands de l’histoire américaine. Têtu, obtus peut-être, mais au service d’une vision prophétique. Dans le domaine des relations internationales, le véritable révolutionnaire, celui qui a radicalement reconfiguré l’architecture du monde de l’après-guerre froide, c’est lui et non pas Obama, lequel poursuivra probablement son œuvre et en recueillera peut-être les lauriers.