Adéu a Nihil Obstat | Hola a The Catalan Analyst

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dilluns, 26 d’octubre de 2009

L'ajuda fatal

La zambiana Dambisa Moyo ha publicat un llibre titulat "L'ajuda fatal a l'Àfrica" en el que mostra els efectes negatius que l'ajuda econòmica occidental ha tingut sobre el continent. Moyo ha estudiat a Harvard i ha treballat per Goldman Sachs.

«Au cours des cinquante dernières années, les pays riches ont déversé 1 000 milliards de dollars d’aide à l’Afrique». « L’aide ne marche pas. Entre 1970 et 1998, quand le flux de l’aide à l’Afrique était à son maximum, le taux de pauvreté des populations s’est accru de façon stupéfiante : il est passé de 11 à 66 %. »

"Le résultat de l’aide, c’est une croissance plus lente, une pauvreté plus grande et l’Afrique à l’écart du progrès économique". 
«Nous vivons dans une culture de l’assistance… Il y a comme un impératif moral pour les pays riches à aider les pauvres. » Mais, les milliards de dollars dépensés au chevet de l’Afrique ont causé «un désastre total sur le plan politique, économique et humanitaire ».

L’aide à l’Afrique s’est inspirée de la conférence de Bretton Woods (États-Unis). L’accord signé le 22 juillet 1944 permit le redressement des pays touchés par la guerre. Si l’aide fournie à l’Europe avait pu si vite la reconstruire, le même programme pouvait avoir les mêmes effets en Afrique. «Erreur », répond Dambisa Moyo.Les contextes étaient différents. L’Europe ne fut pas totalement dépendante de l’aide en question : les flux financiers du plan Marshall ne représentèrent au maximum que 2,5 % du PNB des principaux pays européens. Ce n’est pas le cas de l’Afrique où l’assistance équivaut aujourd’hui à 15 % de son PNB ! Le plan Marshall fut limité à cinq ans : l’Afrique est sous perfusion depuis plus de cinquante ans. Constante et sans limitation de durée, cette aide n’incita pas à l’effort.

Dans les années 1980, la « dépendance de l’Afrique est même renouvelée ». Afin d’aider les pays africains à payer leurs dettes, la contribution du Fonds monétaire international passa de 8 à 12 milliards de dollars entre 1982 et 1983 : «Cela ne pouvait qu’accroître la dépendance des pays pauvres et qu’aggraver leur endettement. » La décennie suivante confirma « l’insuccès de cinquante ans d’une politique d’intervention concurrente », avec ses conséquences : corruption généralisée, accroissement de la pauvreté, déclin de la croissance, explosion de la dette à 1 000 milliards de dollars.

Les États donateurs, les organisations internationales et la plupart des ONG affirment que seuls des principes de bonne gouvernance et de démocratie peuvent encourager la croissance et permettre la prospérité. Dambisa Moyo réfute ce credo : « La démocratie n’est pas le préalable de la croissance économique, comme le soutiennent les champions de l’aide. Au contraire, c’est le développement économique qui est le préalable de la démocratie. » Elle cite le Sénégal, pays démocratique, avec une croissance de 3 % en 2006, et le Soudan, pays non démocratique, bénéficiaire d’une croissance économique sans précédent. Autre exemple : la Tunisie, “autocratie tempérée” ou “démocratie sous contrôle”, devenue un modèle de développement maîtrisé dans un environnement africain de violences et de misère endémiques.

L’auteur s’interroge : « Comment les pays occidentaux ont pu espérer que l’introduction accélérée d’institutions démocratiques dans des nations sousdéveloppées garantirait aux pays d’Afrique un changement immédiat de leur fortune économique et politique ? » N’a-t-il pas fallu des siècles de développement aux pays occidentaux pour arriver à leur modèle démocratique actuel ?

« L’Afrique est devenue l’objet d’une compassion orchestrée à l’échelle mondiale », dit aussi l’auteur en visant les grands shows humanitaires de Londres ou de Paris, Bob Geldof ou Bono : « Les donateurs occidentaux cherchent quelqu’un, n’importe qui, pour leur indiquer la meilleure manière de s’attaquer aux problèmes de l’Afrique. »

Les élus et hauts fonctionnaires africains n’ont pas su s’exprimer sur les mesures à prendre. « La dépendance à l’aide ne fait que saper la capacité des Africains, quel que soit leur rang, à décider au mieux de l’orientation économique et politique de leur pays. »

Cette assistance limite les capacités de développement. « Au cours des trente dernières années, les pays les plus dépendants de l’aide peuvent se prévaloir d’un taux de croissance annuel moyen de moins de 0,2 %. » L’aide encourage les trafics : « Elle est l’un des supports majeurs de la corruption. » Mobutu Sese Seko, l’ancien président du Zaïre, vola 5 milliards de dollars, l’équivalent de la totalité de la dette extérieure de son pays.

Une étude de la Banque mondiale l’atteste : « 85 % des flux de l’aide servaient à des fins différentes de celles formulées à l’origine. » Dès 1947, un directeur de la Banque mondiale l’affirmait : « Quand nous croyons payer une centrale électrique, nous finançons en réalité un bordel. » Selon l’auteur, la Banque mondiale aurait ainsi “participé” au détournement d’environ 100 milliards de dollars. Avec la corruption associée aux prêts d’autres institutions multilatérales, ce serait 200 milliards évaporés !

Dambiso Moyo distingue deux formes de corruption : positive, quand l’argent volé est réinvesti dans le pays ; négative, quand l’argent volé est placé dans des comptes à l’étranger. Dans l’Ouganda des années 1990, la dépense publique pour l’éducation était siphonnée à l’échelle nationale : à peine 20 cents par dollar versé atteignaient les écoles primaires. La corruption tarit les investissements : « Rares seront les entrepreneurs nationaux et étrangers qui risqueront leur argent […] d’où la stagnation des investissements, fatale pour la croissance. »Curieusement, « les agences en charge du développement continuent d’assister les États africains les plus corrompus et les moins responsables ».

L’auteur remarque que le “business de l’aide” est le gagne-pain de la Banque mondiale, du FMI, des Nations unies, des ONG : « Le succès d’une politique de prêt se mesure par la taille du portefeuille de prêts du donateur et non par la proportion de l’aide effectivement utilisée pour l’objectif fixé. » À cela s’ajoute la crainte de voir les pays incapables de rembourser leurs dettes : « On en arrive à une situation absurde où le donateur a un plus grand besoin d’octroyer l’aide que le bénéficiaire de la recevoir. »

L’aide étrangère est parfois belligène : « La perspective, en prenant le pouvoir, d’avoir accès aux richesses illimitées de l’aide est irrésistible. » Les guerres civiles en Somalie (comme au Soudan, au Congo, au Liberia) illustrent l’impitoyable concurrence entre clans pour le contrôle de l’importante aide alimentaire déversée sur ce pays exsangue.

“L’aide est source de paresse chez les dirigeants”

Renforçant la monnaie locale, l’aide pénalise les industries exportatrices : « Les biens de fabrication locale destinés à l’exportation coûtent plus cher sur le marché international et ne sont plus compétitifs. » Elle rend donc le pays aidé encore plus dépendant de l’aide future. L’épargne est réduite car l’élite dépense en biens de consommation. « Il n’y a pas assez de maind’oeuvre qualifiée ou d’occasions d’investissement de taille pour employer effectivement la manne dont ils disposent. »

Dambisa Moyo démontre enfin que les capitaux et les investissements privés chutent quand l’aide remplace la ressource fiscale. Effet pervers : les populations ne paient pas d’impôt et ne sont donc pas représentées : « Le gouvernement ne doit rien à son peuple. » Partout, le même scénario se vérifie : « L’aide est source de paresse chez les dirigeants africains. Elle leur apparaît comme un revenu permanent. Ils n’ont pas d’incitation à chercher d’autres moyens de financer le développement à long terme de leur pays. »