Adéu a Nihil Obstat | Hola a The Catalan Analyst

Després de 13 anys d'escriure en aquest bloc pràcticament sense interrumpció, avui el dono per clausurat. Això no vol dir que m'hagi jubilat de la xarxa, sinó que he passat el relleu a un altra bloc que segueix la mateixa línia del Nihil Obstat. Es tracta del bloc The Catalan Analyst i del compte de Twitter del mateix nom: @CatalanAnalyst Us recomano que els seguiu.

Moltes gràcies a tots per haver-me seguit amb tanta fidelitat durant tots aquests anys.

dilluns, 9 de novembre de 2009

Vint anys de la fi d'una Il·lusió

Avui fa 20 anys del principi de la fi d'una fantasia: la fantasia del comunisme. Es bo recordar que, en aquells moments i durant bastant temps després, alguns van voler veure en la demolició del Mur no el triomf del capitalisme democràtic sinó l'inici d'una tercera via que legitimés el comunisme, el "comunisme democràtic" o amb rostre humà que semblava encarnar Gorbatxòv. Molts intel·lectuals alemanys, entre ells Günter Grass, no volien la reunificació, com tampoc la volia Miterrand. La il·lusió de la possibilitat d'un "comunisme autèntic" va revifar per un moment de les cendres del comunisme burocràtic soviètic. Però aviat es va difuminar, doncs el comunisme democràtic és un oximoron. Una contradicció. Una utopia. Una fantasia.

Ho explica magistralment Guy Sorman en un article amb motiu de l'aniversari de la fi del Mur de Berlín.
Avoir attendu la destruction du Mur, pour conclure que l’idéologie communiste n’avait jamais été autre chose qu’un maquillage de l’occupation militaire, aura témoigné d’une certaine bêtise à l’Est et à l’Ouest. Cette vraie nature du communisme aurait dû s’imposer comme évidence universelle, non pas à la destruction du Mur, mais dès son édification, en août 1961. Car l’Histoire est parsemée de murs, enceintes et murailles : tous n’ont jamais eu pour objet que d’interdire aux barbares l’entrée dans la Cité. Un Mur pour empêcher d’en sortir, cela ne s’était jamais vu. Le Mur de Berlin, de surcroît, devait interdire de quitter une société présumée idéale vers un capitalisme supposé haïssable. L’objet était aussi incongru que les arguments pour le justifier : les dirigeants communistes, en 1961, avaient emprunté au vocabulaire de la prophylaxie, pour protéger la pureté communiste des « miasmes » capitalistes. Comment put-on croire à l’Ouest, après 1961, que le communisme sans l’Armée rouge fut jamais une alternative au capitalisme ? Cette illusion n’avait pas confondu que la Gauche : Raymond Aron, philosophe libéral mais pessimiste par tempérament, dans les années 1960, envisageait une « convergence » entre les systèmes économiques communistes et libéraux. Il est désormais accepté de comparer l’illusion communiste à l’Ouest avec une sorte de foi religieuse qui rendait imperméable à la réalité. Certes. Mais ce serait sous estimer l’efficacité de la propagande soviétique, les complicités politiques et intellectuelles et le rôle de la corruption financière dans cet amour excessif de l’intelligentsia de gauche européenne pour l’URSS. Ce serait sous estimer, aussi, que la passion pour l’URSS fut indissociable de l’autre passion, négative celle-là, qui infecte en permanence l’intelligentsia européenne, je veux parler de l’anti-américanisme.

Peut-être le communisme n’a-t-il jamais existé que dans l’imagination, les désirs et l’esthétisme de ceux qui ne vivaient pas dans un régime communiste ? Le communisme comme illusion lyrique , mais à l’Ouest, pas à l’Est ! En 1990, lors d’une conversation avec Lech Walesa, alors leader du syndicat Solidarité à Gdansk, il m’assura n’avoir jamais rencontré un seul communiste polonais : « des opportunistes oui, des apparatchiks aussi, mais un communiste jamais ! ». L’observation ironique et profonde de Walesa valait pour l’ensemble du monde soviétique comme elle s’applique encore aux peuples emmurés de la Chine et de la Corée du Nord. Rappelons que tous les murs ne sont pas abattus ! Les Chinois, les Nord-Coréens, les Cubains, les Vietnamiens ne sont toujours pas libres de sortir comme ils l’entendent de leur paradis communiste. Ces murs-là ne sont plus en béton : le contrôle des frontières, la censure d’internet sont des alternatives plus sophistiquées que ne fut le Mur primitif de Berlin. Mais le principe est le même : l’enfermement reste indissociable de tout régime communiste, tandis qu’aucun pays capitaliste ne s’est jamais emmuré. On m’objectera les murs qui séparent Israël et la Cisjordanie et celui qui coupe le Mexique des Etats-Unis. On peut, on doit regretter leur existence mais leur fonction est sécuritaire, pas idéologique : le Mur de Berlin et ceux qui lui ressemblent encore, sont uniques et sont seuls à symboliser une idéologie. Le choix ultime pour l’humanité est donc le suivant : vivre dans « l’enfer » capitaliste mais avec le droit d’en sortir ou dans le « paradis » communiste, avec l’obligation d’y rester. Dante n’avait pas imaginé cette Comédie-là.