Adéu a Nihil Obstat | Hola a The Catalan Analyst

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divendres, 26 de febrer de 2010

Sortir de l'euro com va sortir Londres del SME

El diputat francès Trémeau Bernard defensa la necessitat que Grècia, Espanya, Portugal i França surtin de l'euro.
Le 10 février 2010, les banquiers du monde entier vendent massivement les bons du trésor émis par le gouvernement grec. Leur prix tombe en dessous de 70 % de la valeur des bons du trésor allemands. Les « spéculateurs » (du latin speculare observer) pensent que la Grèce est condamnée à sortir de l’euro et à dévaluer sa monnaie d’au moins 30 %. Comment en est-on arrivé à cette énorme crise de l’euro ?

Depuis plus de 10 ans, gouvernements et syndicats grecs unissent leurs efforts pour que les prix augmentent bien plus rapidement en Grèce que dans le reste de l’Europe. Ils ont parfaitement réussi et les prix grecs sont aujourd’hui d’environ 30 % supérieurs aux prix allemands. Les entreprises grecques ne sont plus compétitives, donc déposent leur bilan ou délocalisent. La balance commerciale grecque passe au rouge. De leur côté, les investisseurs fuient la Grèce. Ce qui aggrave le mal. Le pouvoir d’achat des Grecs diminue. Les rentrées fiscales de leur gouvernement sont au plus bas. Enfin, le chômage dépasse 20 % dans de nombreux secteurs, ce qui engendre des troubles sociaux de plus en plus violents et graves.

Le gouvernement grec ne peut pas augmenter les impôts, ce qui aggraverait le mal, sur le plan économique et social. Il doit donc emprunter : il émet des obligations d’état. Ceux qui lui prêtent de l’argent exigent de lui des intérêts de plus en plus élevés. C’est la prime de risque, normale.
Arrive enfin le jour où les « spéculateurs » pensent qu’une telle situation ne peut plus durer. Ils sont persuadés que la Grèce n’a qu’un seul moyen logique pour sortir de la crise : quitter l’euro, et revenir à la drachme pour réaliser une « dévaluation compétitive ». Ils vendent donc avant la dévaluation leurs bons du trésor grecs pour acheter des bons allemands ou américains.

Le 16 septembre 1992, le milliardaire et spéculateur américain Georges Soros vend massivement tous les avoirs qu’il possédait en livre anglaise.
Or, depuis le 8 octobre 1990, la livre anglaise est entrée dans l’union monétaire européenne (le MCE). Une parité fixe y lie toutes les monnaies. La parité alors choisie pour la livre anglaise semble avoir été trop forte. Les prix anglais sont ainsi trop élevés par rapport aux prix européens.

Puis, le 27 novembre 1990, Margaret Thatcher cède le pouvoir à John Major. Les syndicats britanniques prennent leur revanche. Le nouveau Premier ministre n’arrive pas à contenir les revendications des syndicats. Ils obtiennent de fortes augmentations de revenus. Les coûts de production augmentent plus rapidement en Angleterre qu’en Europe. Malgré cela, les Anglais signent le traité de Maastricht le 7 février 1992, sans modifier la parité liant leur monnaie au mark au franc. Chômage et troubles sociaux s’aggravent.

Georges Soros, bon observateur, pense que la situation économique et sociale de l’Angleterre est de plus en plus intenable. Seule une « dévaluation compétitive » peut la sortir de l’ornière. Or, les parités fixes sont « irrévocables » depuis le traité de Maastricht. Pour Georges Soros, l’Angleterre est donc condamnée à sortir du SME. Il vend massivement ses avoirs en livres sterling, avant la dévaluation et achète des marks… Il est suivi par de nombreux spéculateurs. C’est le fameux « Mercredi noir ».

Le Parlement anglais vote alors la sortie de la livre du SME. Ayant appris cette sage décision, John Major chante de joie sous la douche.
La Grèce de 2010 est exactement dans la même situation que l’Angleterre de 1992. Mais l’Espagne, le Portugal et la France le sont aussi. Nos économies ont besoin d’une dévaluation compétitive. Mais nos responsables économiques et politiques veulent conserver la monnaie unique.
Ils feraient bien d’écouter ce que dit le bon peuple de France. En février 2002 (l’euro n’avait alors que 3 ans), seulement 39 % des Français regrettaient leur ancienne monnaie. En février 2010, ils sont 69 % à vouloir retrouver leur bon vieux franc. Pourquoi ne pas les écouter et chanter ensuite sous la douche ?