Adéu a Nihil Obstat | Hola a The Catalan Analyst

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dilluns, 28 de febrer de 2011

La revolució egípcia ha d'anar molt més enllà

Guy Sorman
Une démocratie sans économie libre n'a pas grand avenir. La révolution du Caire, comme toutes les révolutions, a été fondée sur deux exigences : la dignité politique et l'espérance économique. La dignité sera acquise si le régime militaire se résout à accepter une démocratie pluraliste. Cette transition reste incertaine, mais elle est possible : le monde arabe sait ce que sont une Constitution, un Etat de droit, une justice indépendante, une presse libre. Tout cela avait existé avant la vague de nationalisme et de socialisme qui emporta le Proche-Orient dans les années 1950, puis le Maghreb après la décolonisation. Il subsiste en Egypte des partis comme le Wafd qui furent représentatifs et n'ont pas disparu de la mémoire collective, à la manière des anciens partis qui se reconstituèrent en Europe de l'Est après les révolutions de 1989. Les Frères musulmans, dont Moubarak - et ses soutiens occidentaux - firent un épouvantail, deviendront l'un de ces partis, certainement minoritaire.

Mais l'espérance ne pourra être fondée que sur une autre métamorphose, économique, plus incertaine encore, car elle atteindrait les intérêts matériels directs des dirigeants militaires et des bureaucrates toujours aux commandes. Actuellement, un tiers de la production égyptienne est publique, l'héritage du socialisme nassérien, un tiers est contrôlé de manière privative par l'état-major des armées. Ces deux tiers sont protégés par des monopoles ou des règlements qui garantissent une rente pour les propriétaires et les opérateurs, mais une inefficacité certaine pour la société dans son ensemble. Il reste un tiers de l'économie, privée mais souvent informelle, une économie de subsistance, peu créatrice d'emplois.

L'absence de droit bloque tout progrès : il faut, en Egypte, cinq cents jours de démarches administratives pour ouvrir une boulangerie ; 92 % des Egyptiens n'ont aucun titre légal sur leur habitation, ce qui, de fait, leur interdit l'accès au crédit. En clair, sans libéralisation et privatisation, l'économie égyptienne continuera à stagner : rappelons que, pour l'instant, les seules recettes à l'exportation proviennent du canal de Suez (droits de péage), du tourisme, qui n'est pas une ressource infinie, et de l'aide américaine.