Adéu a Nihil Obstat | Hola a The Catalan Analyst

Després de 13 anys d'escriure en aquest bloc pràcticament sense interrumpció, avui el dono per clausurat. Això no vol dir que m'hagi jubilat de la xarxa, sinó que he passat el relleu a un altra bloc que segueix la mateixa línia del Nihil Obstat. Es tracta del bloc The Catalan Analyst i del compte de Twitter del mateix nom: @CatalanAnalyst Us recomano que els seguiu.

Moltes gràcies a tots per haver-me seguit amb tanta fidelitat durant tots aquests anys.

dimarts, 3 de maig de 2011

Bin Laden, un titella dels serveis secrets pakistanesos

Guy Sorman:
Ben Laden est mort deux fois : il a été tué par des soldats américains, au Pakistan, le 1er mai, mais l'avait déjà été, symboliquement, le 15 janvier au Caire.

Que nous avaient signifié alors les rebelles de la Place Tahrir ? La révolution égyptienne, comme la révolution tunisienne avant elle, annonçaient aux Arabes et au monde que, dans leur longue quête de la dignité et de la modernité, les Arabes ne souhaitaient pas restaurer le Califat, ni revenir à la Charia. Entre le retour au Temps du Prophète préconisé par Ben Laden, par la violence, et l'entrée dans le monde de la démocratie libérale, par le pacifisme, le 15 janvier, les Arabes avaient choisi. Tous les autres peuples musulmans, qui vivent encore en tyrannie, n'aspirent eux aussi qu'à cette "Fin de l'histoire" que leur paraît être la démocratie libérale.

Ben Laden, qui avait donc perdu la croisade pour l'avenir musulman, conservait une certaine utilité, locale, pour les militaires pakistanais : ceux qui le protégeaient. Le Pakistan, en effet, est un pays qui n'existe pas, mais une vague confédération de peuples à peine réunis par l'islam : un Pakistanais est avant tout un Sindhi, un Pendjabi, un Baloutche, ensuite musulman et, à la rigueur, citoyen du Pakistan. Le seuls vrais Pakistanais sont les militaires et les services secrets (généralement Pendjabi), dont la seule raison d'être est la guerre contre l'Inde, le frère ennemi séparé à la naissance, la Partition de 1949.

Sans Inde, plus de Pakistan et surtout plus d'armée pakistanaise. Celle-ci recourt à toutes les armes possibles, du nucléaire au soutien aux Talibans et au terrorisme. Ben Laden était capable de déclencher une attaque terroriste en Inde-même, où vivent plus de musulmans qu'au Pakistan : à plusieurs reprises, l'Inde a été déstabilisée par des attentats à caractère islamiste. Ben Laden, devenu un pion pakistanais, permettait aussi de tenir en échec l'armée américaine, en la clouant au sol en Afghanistan. Ben Laden était enfin une bombe à retardement dans les mains des Services secrets pakistanais. Dans l'hypothèse où les Etats-Unis se rapprocheraient trop de l'Inde, au détriment du Pakistan, il était possible d'activer le réseau Ben Laden : ce Ben Laden valait plusieurs bombes atomiques.

Le pion a été capturé, mais l'armée pakistanaise ne l'est pas : la partie continue.