Adéu a Nihil Obstat | Hola a The Catalan Analyst

Després de 13 anys d'escriure en aquest bloc pràcticament sense interrumpció, avui el dono per clausurat. Això no vol dir que m'hagi jubilat de la xarxa, sinó que he passat el relleu a un altra bloc que segueix la mateixa línia del Nihil Obstat. Es tracta del bloc The Catalan Analyst i del compte de Twitter del mateix nom: @CatalanAnalyst Us recomano que els seguiu.

Moltes gràcies a tots per haver-me seguit amb tanta fidelitat durant tots aquests anys.

dilluns, 14 de novembre de 2005

La maledicció del paràsit

En una anotació de divendres passat deia: "Potser el fantasma que recórre el món, el fantasma d'Al-Qaeda, acabi a l'abocador de la història molt més depressa del que pensavem". Avui, Ludovic Monnerat, entra en el tema i es pregunta sobre si el terrorisme islamista té gaire futur.
La légitimité d’agir est le point faible évident d’Al-Qaïda. L’attentat terroriste peut susciter l’adhésion des foules lorsqu’il frappe l’ennemi directement et de façon spectaculaire, comme l’a montré la série d’attaques jusque et y compris le 11 septembre. Cela ne suffit pas en soi à atteindre les objectifs fixés, mais préserve au moins un socle d’appuis et de relais à terme indispensable. Toutefois, comme toute démarche belligérante, la méthode terroriste comporte toujours un risque majeur de montée aux extrêmes, laquelle se concrétise par des attaques aveugles, des bains de sang qui finissent par révolter la majorité des gens. Les islamistes peuvent bien rationaliser les massacres dont ils se vantent, leur voix est de moins en moins représentative de ceux qu’ils prétendent défendre.

Cela s’explique par la faiblesse de leur processus décisionnel, par la dissémination des volontés. La mouvance Al-Qaïda est certes capable de frapper n’importe où dans le monde, grâce à la pénétration de son idéologie et à la dispersion de ses fidèles, mais elle est aussi susceptible de frapper n’importe quoi, parce que ces derniers n’ont pas toujours la perspective d’ensemble nécessaire. Une organisation pareillement décentralisée et participative, qui fonctionne comme une franchise sectaire, est aussi difficile à anéantir qu’à diriger. Le dénominateur commun et les liens opérationnels sont trop ténus pour que la volonté des dirigeants nominaux puisse se concrétiser dans le temps, dans l’espace et dans la modalité souhaités. Les critiques voilées adressées à Al-Zarqaoui illustrent cette faiblesse souvent ignorée.

Ainsi, la mouvance islamiste est frappée de ce que l’on pourrait appeler la malédiction du parasite : son existence dépend des sociétés qu’elle infiltre, des frustrations qu’elle canalise, des lacunes qu’elle comble. Elle est avant tout capable de détruire, et non de construire ; elle ne peut pas prendre le pouvoir, mais seulement exploiter ses carences. Et changer d’état, c’est-à-dire passer du liquide au solide, du spirituel au temporel, du futur au présent, ou encore du dispersé au concentré, revient à augmenter aussi bien son efficacité que sa vulnérabilité. Seule notre faiblesse donne aux islamistes l’espace pour prospérer et se multiplier ; un parasite ne peut vaincre que par défaut.