Adéu a Nihil Obstat | Hola a The Catalan Analyst

Després de 13 anys d'escriure en aquest bloc pràcticament sense interrumpció, avui el dono per clausurat. Això no vol dir que m'hagi jubilat de la xarxa, sinó que he passat el relleu a un altra bloc que segueix la mateixa línia del Nihil Obstat. Es tracta del bloc The Catalan Analyst i del compte de Twitter del mateix nom: @CatalanAnalyst Us recomano que els seguiu.

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dimecres, 30 d’agost de 2006

Una punyalada islamista mata dotze anys després l'escriptor egipci i premi Nobel, Naguib Mahfuz

Naguib Mahfuz, el primer i únic escriptor en llengua àrab que ha rebut el premi Nobel de Literatura"La meva avançada edat em limita, però em queda la immensitat dels somnis", escriu Naguib Mahfuz en un article pòstum que publica Le Figaró.

Mahfuz, el primer i únic premi Nobel de Literatura en llengua àrab, ha mort avui als 95 anys. La seva salut va rebre dues punyalades islamistes en un carrer d'El Caire, l'any 1994, a causa de la reedició de la seva novel·la "Els fills de la medina", considerada blasfema. Els seus frustrats assassins van reconèixer en el judici que no l'havien ni llegit. Des d'aleshores, incapacitat físicament per escriure, Mahfuz sobrevivia gràcies al seu món interior.
... pour que la vieillesse soit une bénédiction, il faut en connaître les contraintes. Vivre en leur sein, sans les outrepasser par le haut ni par le bas. Il faut être conscient de ses propres limites. Dans mon petit appartement de la rue du Nil, au Caire, je vis mes rêves. Les faiblesses de mon corps ne m’ont rien retiré de mon esprit ni de mon imagination : elles ont même exalté chez moi une autre forme de liberté. Tout a basculé en ce jour d’octobre 1994, lorsque deux islamistes de l’organisation al-Gamaa al-Islamiya ont tenté de m’assassiner. Je sortais de chez moi. L’un d’entre eux m’a attaqué par-derrière. J’ai senti un monstre planter ses ongles dans mon cou. En vérité, deux coups de poignard. J’en réchappai à l’issue de sept heures d’opération suivies de plusieurs semaines d’hôpital, mais l’un de mes nerfs, sectionné, avait laissé ma main droite paralysée. Celle de l’écriture. Il m’a fallu dix-huit mois de rééducation pour tracer à nouveau des caractères lisibles. J’ai réappris à écrire mon propre nom. Quel symbole ! Les hommes qui m’avaient attaqué exécutaient une fatwa appelant à mon assassinat à cause de la réédition d’un de mes romans, paru en 1959, Awlad haretna - Les Fils de la médina, condamné à l’époque par les oulémas, qui l’avaient jugé blasphématoire. On reconnaissait Moïse, Jésus et Mahomet à travers certains de mes personnages, péché mortel aux yeux des islamistes. Et le plus consternant advint durant le procès de mes agresseurs, lorsqu’ils avouèrent n’avoir pas même lu le livre. Malheureux terroristes rejetant l’opinion d’autrui, alors que l’islam est une religion de liberté... Après leur exécution, j’ai longtemps été partagé entre la tristesse et le ressentiment. Je songeais à la vie qu’ils auraient pu mener. Ils étaient si jeunes. Et je réfléchissais à ma propre infirmité, car cet attentat, outre ma paralysie, avait aggravé mon état général, aboutissant à la surdité et surtout à la quasi-cécité. Comment faire en sorte que la vieillesse soit une bénédiction ? Ici-bas, je leur ai pardonné.