Adéu a Nihil Obstat | Hola a The Catalan Analyst

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divendres, 22 de setembre de 2006

Per què la critica de l'Islam desferma la violència?

Aquest article de Hans-Peter Raddatz, orientalista, economista i enginyer, apareix publicat avui al diari alemany Die Welt. Traduit al francès per precaution.ch
Les politiciens occidentaux exigent toujours davantage de respect pour la sensibilité des Musulmans. Mais les événements qui ont suivi le discours du pape montrent que nous avons affaire à une dictature de la religion.

«Nous devons nous montrer plus respectueux envers l’Islam» – cette formule se fait omniprésente en Occident. Elle retentit à chaque fois que, comme on dit, «la sensibilité des Musulmans a été blessée», c’est-à-dire lorsque des critiques émises à l’encontre de l’Islam déclenchent des réflexes violents parmi ses fidèles. Les groupes de Musulmans radicaux entretiennent aujourd’hui un Islam de la rue qui jouit de la bienveillance de nombreux gouvernements et d’une presse agressive. Mais les événements qui ont suivi le discours du pape ne montrent-ils pas le plus clairement du monde que la «sensibilité» des Musulmans n’est autre qu’une forme moderne de dictature de la religion? En effet, le levier du «respect» permet ici d’influer durablement sur le comportement de l’Occident.

De même que son ciseau taille dans la pierre une forme correspondant à la vision du sculpteur, les directives inhérentes aux menaces musulmanes corrigent l’identité occidentale, la démocratie et l’État de droit en fonction d’une vision du monde islamique. L’enjeu n’est ici rien moins que l’autonomie moderne de la pensée, de l’éducation et de la science, que l’on prive de la faculté de discuter d’alternatives au sein d’un débat ouvert. Et rien n’est plus traître en cela que le reproche systématique de «provocation», censé donner aux Musulmans le droit d’étouffer la critique occidentale par la menace et la violence.

Mais le cœur du problème est ailleurs. Depuis le haut moyen-âge, depuis la victoire de l’orthodoxie, la loi d’Allah est supposée constituer l’instance suprême. Contrairement aux institutions de l’Occident séculaire, celle-ci couvre l’intégralité de la personne du Musulman et de l’État islamique. De même que, pendant le moyen-âge chrétien, seuls les membres de l’Église étaient des êtres humains à part entière, seuls les membres de l’Islam sont humains, aujourd’hui encore, au sens de l’orthodoxie musulmane. Dans cette vision totalitaire, les Musulmans fervents font figure de clones spirituels qui ne connaissent pas d’autre réalité. Des gens à ce point endoctrinés n’ont aucun autre moyen de s’exprimer que la violence dès qu’ils font face à la critique.

En appelant leurs populations à faire montre de «respect» pour la «sensibilité» des Musulmans, les dirigeants européens soumettent leur propre vision du monde au dictat de l’interprétation musulmane. C’est ainsi que s’impose, par le biais d’un soi-disant dialogue, une véritable intégration dans l’Islam. Un lobbying de première force est déployé au niveau du Parlement européen en vue de vendre l’Islam comme «une composante du système de valeurs occidental» Des notions telles que «paix», «tolérance», «enrichissement réciproque» et autres servent aux eurocrates et aux «experts de l’Islam» de bâtons de pèlerin dans leur action missionnaire auprès des pays européens. À leurs yeux exercés, dès que la violence apparaît, ce n’est jamais celle de l’Islam, mais la manifestation de quelque pouvoir diffus qui «abuse» de l’Islam.

Ceux qui, alors, défendent une position critique, c’est-à-dire démocratique, «créent des préjugés». Cette stratégie est efficace. Aveugle à l’évolution récente des événements, la politique allemande reste fidèle au dictat de la rectitude politique. Et le fait que personne ne conteste le bien-fondé de sa position favorable envers le «Sommet islamique» [NdT: rencontre des principaux dirigeants musulmans d’Allemagne à l’invitation du gouvernement Merkel] aggrave encore le dilemme du ministre de l’Intérieur. Déjà limité dans sa souveraineté par les directives de l’UE, il s’apprête à diriger un «dialogue» conforme à la constitution tout en veillant à «ne pas compromettre l’identité musulmane».

En tant que juriste, le ministre sait que sous le couvert de la liberté de religion, on ouvre ainsi une porte dérobée permettant à la charia de s’immiscer dans le droit allemand. Qaradawi, le fameux imam télévisuel, virtuose de la gamme des ruses musulmanes et membre du «Conseil de la fatwa» en Europe, exigea récemment que l’on accorde aux Musulmans ce qu’on leur octroie ici en fait depuis longtemps, à savoir le droit de «pratiquer leur foi sans aucune réserve». Mais il inclut dans cette formule la dimension politique, qui impose de surmonter l’«incroyance», dont la démocratie fait partie du point de vue universaliste de l’Islam.

Modérés uniquement dans le discours, mais jamais dans la substance, les représentants allemands de l’Islam évitent soigneusement d’aborder l’appel du pape à renoncer à la violence. Ils font sans cesse référence aux «crimes» du Christianisme, voulant ignorer que celui-ci, contrairement à l’Islam, a abandonné depuis longtemps ses ambitions suprématistes. Aussi longtemps que les Musulmans refuseront d’examiner et d’assumer leur parcours problématique, ils continueront de donner l’impression de se préparer à faire usage de violence. Nous devons donc nous attendre à la renaissance d’une dictature religieuse qui répond à chaque «préjugé», au moindre manque de «respect», par des menaces et des attentats.