Adéu a Nihil Obstat | Hola a The Catalan Analyst

Després de 13 anys d'escriure en aquest bloc pràcticament sense interrumpció, avui el dono per clausurat. Això no vol dir que m'hagi jubilat de la xarxa, sinó que he passat el relleu a un altra bloc que segueix la mateixa línia del Nihil Obstat. Es tracta del bloc The Catalan Analyst i del compte de Twitter del mateix nom: @CatalanAnalyst Us recomano que els seguiu.

Moltes gràcies a tots per haver-me seguit amb tanta fidelitat durant tots aquests anys.

dimecres, 13 de febrer de 2008

El capitalisme no està en crisi

La preocupació per l'evolució de l'economia està provocant autèntiques paradoxes polítiques. Si bé l'estratègia socialista de fer-se l'orni fins a les eleccions del 9 de març és totalment irresponsable, comunica un missatge subliminal de confiança en la bona salut del capitalisme espanyol. Pel contrari, el PP, que hauria de ser la força política més insubornablement favorable a l'economia de mercat, destil·la, més enllà de la critica a la immobilitat del govern, una sensació de desconfiança en la capacitat del mercat per superar la crisi digne del millor dels seus enemics. Guy Sorman ens ajuda a posar les coses al seu lloc:
Une juste analyse de la situation économique doit reposer sur la distinction essentielle entre le trend, tendance de fond et la conjoncture. Le trend américain qui, depuis un siècle, détermine le trend mondial est de l’ordre de 3% par an : grâce au trend, la richesse américaine se maintient à un tiers de la richesse mondiale, malgré la montée en puissance de la Chine, de l’Europe ou de l’Inde. La perturbation actuelle ne paraît pas de nature à affecter ce trend parce que celui-ci repose sur des avantages fondamentaux : le leadership de l’innovation, la sécurité juridique des investissements, une fiscalité favorable à la création d’entreprises, le dollar monnaie des réserves. Ces avantages fondamentaux restent stables et non concurrencés. Sur ce trend historique, viennent se greffer des fluctuations qui ne sont pas des crises. Une crise affecte le système lui-même ; ce fut le cas en 1930. Mais une fluctuation dans le système, ce n’est pas une crise.

Au XXe siècle, les Etats-Unis ont subi deux crises véritables : en 1930, parce que la Banque centrale américaine commit l’erreur d’assécher le crédit . En 1973, parce que Jimmy Carter a appliqué la théorie keynésienne erronée de relance par la demande ; il n’a que généré l’inflation et le chômage. Mais depuis trente-cinq ans, les fluctuations n’ont plus jamais dégénéré en crises : les gouvernements américains (Démocrates et Républicains) ont appris de leurs erreurs passées. Désormais, la Banque fédérale remplit son office en alimentant les demandes de crédit, mais pas trop, de manière à ne pas réveiller l’inflation. De son côté, le Congrès accorde quelques baisses d’impôt, dont l’objet principal est de calmer l’opinion anxieuse. L’expérience et la science économique ont enseigné que la meilleure manière d’échapper à une crise exigeait de ne pas trop agir et de laisser le marché purger ses excès.

Quels excès ? Toute économie de marché est fondée sur le principe dit de destruction créatrice : des entrepreneurs innovent mais toutes les innovations, techniques ou financières, ne sont pas couronnées de succès. On l’avait constaté en 2000, avec la bulle Internet. En ce moment, nous assistons à un autre nettoyage : le marché trie entre les innovations financières utiles au progrès économique et d’autres qui ne le sont pas. S’il est probable que la panique actuelle sur les marchés a été provoquée par une mauvaise gestion des crédits immobiliers aux Etats-Unis et au-delà, on ne doit pas en conclure que le capitalisme financier et la création de nouveax instruments dits dérivés sont une erreur. La complexité croissante des marchés financiers permet de répartir un plus grand nombre de risques sur un plus grand nombre d’investisseurs ; grâce à cette répartition des risques, un plus grand nombre d’entrepreneurs peuvent s’aventurer dans un plus grand nombre d’innovations. Les erreurs seront corrigées par le marché lui-même. Au terme de cette destruction créatrice, des entreprises vont disparaître, d’autres naîtront, des emplois seront déplacés et la croissance retrouvera son bon rythme.

Ce cycle cruel émeut : expliquer qu’il est globalement positif à long terme, ne saurait rassurer les individus directement atteints. Mais c’est dans les moments difficiles qu’il convient de défendre l’économie de marché et d’en illustrer les principes. En période de fluctuation, il revient aux journalistes, politiciens, experts d’expliquer la réalité plutôt que de semer l’affolement. Ainsi, ne devrait-on pas appeler récession ce qui est une croissance ralentie.

Est-ce à dire que l’Etat est inutile au bon fonctionnement du capitalisme ? Certes non : là où il n’y a pas d’Etat, le capitalisme ne fonctionne pas. L’Etat est le garant des règles du jeu et l’assureur de dernier recours. Particulièrement dans la tradition européenne, il est indispensable que les politiques publiques facilitent les reclassements d’un métier à l’autre, d’une entreprise à l’autre. Mais quand l’Etat s’oppose à la destruction créatrice, il devient dangereux.